La dette publique contre la démocratie

La France réussit le tour de force de creuser sa dette plus vite que ses voisins alors qu’elle dépense plus qu’eux. A force de s’enfermer dans le déni économique, la France court un risque démocratique, explique l’économiste et banque Olivier Klein
En 2026, la charge de la dette deviendra le premier poste de dépenses de l’Etat : 64 milliards d’euros pour rembourser le passé au lieu de préparer l’avenir. Face à ce rouleau compresseur, la solution ne réside pas dans une augmentation de la fiscalité – déjà trop élevée et inefficace, prouve Olivier Klein avec pédagogie.
À grand renfort de graphiques et de comparaisons avec nos voisins européens, l’économiste explique pourquoi la France creuse sa dette plus vite que le reste de la zone euro, tout en dépensant plus. +57 points de PIB de dette publique en France depuis 2000, contre 19 points en moyenne dans la zone euro (et 12 points dans la zone euro sans la France) !Le redressement doit passer par la relance de l’emplo i, des jeunes et des seniors notamment, de la productivité et donc de la croissance.
L’originalité de l’essai d’Olivier Klein, ancien directeur général de BRED et ancien dirigeant chez BPCE, tient dans l’analyse politique qu’il fait de la dette publique. Si les nombreux impôts ne servent ni à désendetter la France, ni à améliorer la qualité des services publics, où vont-ils ? La démocratie s’en trouve fragilisée : la méfiance grandit envers la parole publique, et entre citoyens – travailleurs contre chômeurs, jeunes contre vieux… La démonstration d’Olivier Klein, rigoureusement documentée et très accessible au grand public, montre que des réformes sont possibles pour redresser la trajectoire française. Elles sont même nécessaires, avant le point de non-retour qui obligerait à une violente austérité.
Dette, réformes et démocratie – Comment sortir du cercle vicieux français ?
essai
Olivier Klein, Décryptage Editions, 16 euros